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Sahid des Fontaines comme un champion !
195 km en deux jours à Barcelone

Sahid des Fontaines aux avant-postes à la fin de la 4e boucle
dans une des plus prestigieuses course de la saison
Déjà 183 km parcourus sur ce fabuleux raid Barcelonna dans les hautes collines du site de Santa Susanna.
Plus que douze bornes et nous monterons sur le podium !
Depuis hier matin, tout nous sourit. Sahid des Fontaines (9 ans) resplendit de force. Avec le même entrain, il enchaîne les terribles coteaux et les descentes ravinées sans quitter la tête de la course.
Hier soir, nous étions 8e du premier jour.
Nous traçons dans le groupe d’ouvreurs. Un quatuor : le jeune Italien Zappetini (Rucola della Bosana), les Françaises Atger (Nabil de Jalima) et Detrez (Houahida el Numiziki) m’accompagnent.
Au classement provisoire, Sahid et moi pointons à 10 minutes de Zappetini et à 160 secondes d’Atger. En demeurant là jusqu’au bout, je suis certain d’achever troisième. Sauf élimination évidemment, mais eux aussi pourraient subir cette mauvaise surprise.
La dernière longue pente semble avoir éprouvé mon cheval. Je suppose qu’elle a également marqué ses adversaires. Pour l'instant, sur l’autre versant, mon arabe galope encore à vive allure.
A la file, cinq côtes au programme. Du solide, du très raide, de 150 et 800 mètres de longueur, pour des pourcentages situés entre 8 et 22 % !
On grimpe au trot. En vue du sommet, Sahid rechigne un moment, repart (au galop !), puis s’arrête net. En voyant les trois couples s’éloigner, je talonne fermement pour obtenir quelques pas mal assurés. Lorsque je pose pied à terre, Sahid consent à suivre doucement.
Le podium vient de s’évanouir. Comme une baudruche qui éclate.
La plus ancienne classique de l’endurance européenne (58e édition) nécessite une logistique sérieuse. Le voyage aller-retour totalise normalement 35 heures en 4 jours. Sans incident! Mais avec Alienor Linotte, nous endurerons à notre ville-étape, Lyon, les pires chutes de neige dans la région depuis 1952. Puis au retour, encore dans un Lyon embouteillé, il faudra une demi-matinée pour parcourir 30 km et nous serons ralentis (à nouveau par les flocons) près d’Arlon. En tout Sahid restera 44 heures dans le van afin de boucler l’ensemble du périple.
Julie Kinna ainsi que Grégory Magermans rejoignent en avion et complètent l’équipe.
Aux ordres, le samedi matin à 7h 30’. Lumière entre chien et loup. Nonante-sept bornes attendent les 82 chevaux dont certains portent des cavaliers emmitouflés sous capuches et cagoules, car il gèle (mais climat agréable vers midi, 12 à 13 degrés les deux jours). Tout de suite les escalades, des murs et des lacets, quelques creux à dévaler au galop.
La buée s’échappe des athlètes en sueur, forme un nuage dense et nous engloutit.
En 10 km, partant de zéro, on culmine à 600 mètres. Lors des descentes, je colle à la croupe qui nous précède, sans quoi selon son inopportune (et périlleuse) spécialité, Sahid accélère brutalement en mettant le nez entre les antérieurs. Mais au fil du temps, il s’apaise et devient de bonne compagnie. Parti du 40e rang, nous rentrons 17e au premier vet, puis 8e en fin de journée.
Aux points de ravitaillement, c’est parfois une lutte désordonnée. De loin dans la montagne, on entend les klaxons, puis il faut se faufiler entre les voitures, sans trop bousculer les dizaines de montures qui boivent et en évitant d’écraser les gens. Il y a une foule. Tout le monde crie. Je me fais l’effet d’un homme de la police montée quand il fend une manifestation.
On se déride grâce à une colonne de touristes à cheval qui croisent la course. Empoignant leurs rênes comme les meneurs prennent les guides, ils s’égaient parmi les seaux et les bidons. Certains secoués comme des paquets trottent quelques foulées à nos cotés et n’en mènent pas large !
Toutes les assistances se tordent de rire.
Le second jour, le peloton reprend compact. Avant que cela ne s’égrène, nous évoluons à 40 en tête.
Autant dans les déclivités (qu’il dégringole comme un skieur) que dans les montées, mon arabe ne faiblit pas et tient aux avant-postes jusqu’à ce moment à 12 km du but.
Donc Sahid est en panne d’énergie. En m’inscrivant en Catalogne, mon objectif était de conclure parmi les 10 premiers. Est-ce encore possible ?
La Française Théolissat( future 4e) est la première à nous dépasser. Entre deux raidillons, mon gris parvient à la suivre 1000 mètres. Puis un espagnol qui terminera 3e nous lâche alors que je marche à côté de mon cheval. Ensuite deux concurrents nous doublent aussi. Il reste 6 km quand Sahid réussit à accrocher un bai. Les grosses difficultés digérées, nous galopons de concert dans les descentes et trottons sur les faux plats qui nous ramènent à l’arrivée. Apparemment plein d’aisance, le courageux petit gris bondit vers la ligne.
Pourtant nous venons de perdre 25 minutes en 12 km !
Le contrôle final franchit facilement, nous sommes dans les dix premiers, pas de doute, mais à quelle place exactement ? On escompte. On interroge. Personne ne sait. Cinq heures plus tard (!), le résultat officiel confirme notre 5e position. Une performance sensationnelle. De loin ce que nous avons atteint de mieux depuis 2002 et nos débuts dans la discipline !
Comme moi, l’équipe d’assistance jubile. Je lui dois tout et la remercie comme il convient. Parce qu’ils n’ont pas eu le temps manger depuis le petit déjeuner j’accepte à 17h 30’ de leur proposer un McDo. Incroyable, nous passons là un moment euphorique. La magie de l’endurance sans doute !
Luca Zappetini emporte la coupe en Italie. Virginie Atger n’a malheureusement pas satisfait les vetos à la dernière porte. Marta Pujadas Sala est deuxième, Bernat Cassals Fores, troisième.
Le lendemain, Sahid confirme sa classe. Pas marqué pour un sou, il est comme d’habitude, même pas un peu raide.
Michel Lequarré
De belles galopades dans la 4e boucle.
Malgré les terribles pentes, le 1er Luca Zappetini réalise 16,61 de moyenne. Sahid (98), 5e est à 16,35.
Le 58 est Anne Detrez sur un jeune de 8 ans Ouhada El Numizki, 9e du général
et à droite la 7e, Agda Muixi sur un Ourasi !
(photos course Kristian Fenaux [kfenaux@yahoo.es]


Avec Alienor Linotte, nous endurerons à notre ville-étape, Lyon, les pires chutes de neige
dans la région depuis 1952. Ici à l'embarquement pour le second jour de voyage.
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