| Sucrepom
Tout à la fin des vacances d'été 2008, alors qu'en plus un nouveau pensionnaire s'annonçait, le surnombre dans notre écurie, pleine comme un œuf, empêchait de loger l'entièreté de l'effectif.
Avec dans le van un cheval à l'essai qui n'avait pas convaincu, je pris la route vers la Hesbaye pour le rendre à notre marchand, Freddy Gustin. Celui-ci m'avait parlé d'un poney intéressant, un trois ans.
Après avoir déchargé, Je m'apprêtais à partir quand Catherine, digne fille de son père absent, insista pour me le montrer. « Je n'ai pas de place, ce n'est pas la peine », lui dis-je. « Mais si, il est justement ici, tiens regarde ! » Sucrepom dans son box sombre ne m'accrochait pas du tout. « Je vais le sortir. Il se déplace bien. », s'obstinait Catherine. « Ce n'est pas la peine, je… »… dois y aller voulais-je encore prononcer, mais le petit alezan trottait déjà dans la carrière, pas mal me semblait-il. Assez vite Catherine lui proposa un obstacle pour le présenter en liberté sur les barres.
C'était ce qu'il fallait faire pour me séduire !
Le cheval bondissait formidablement, haut et avec le style que j'aime, un vrai cabri. Il coutait un peu trop cher mais, victime d'un coup de foudre, je succombais! L'affaire se fit en 30 secondes : « Je le prends » dis-je sans même consulter ma femme, chose exceptionnelle !
Cela n'arrangeait pas notre problème de place, pourtant rien n'aurait pu refroidir mon enthousiasme.
Depuis, nous voilà en janvier 2009, et le poney n'a pas franchi le moindre cavaletti. Je le laisse mûrir calmement. Il est comme la promesse d'un plaisir à venir. Un rêve net, pas écorné, dont le potentiel peut se savourer entièrement !
Sucrepom ne possède pas de papier. Il a été acheté en Irlande, avec un lot, importé chez nous fin juin 2008. Freddy l'avait repéré dans le groupe comme celui doté des meilleures dispositions sportives.
Il n'avait pas de nom. Le sien est inspiré par « Sucre de Pomme » un cheval français d'obstacle, médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Londres de 1948 sous la selle du très grand cavalier Jean d'Orgeix.
Michel Lequarré, janvier 2009 |