Endurance

Le choix du cheval


Si vous pensez que l'endurance qui vous correspond se coure sur des distances inférieures à 81 km et à une allure de 15 km/h maximum (sur terrain plat), pas besoin de vous mettre martel en tête. Il y a une multitude de montures qui vous donneront satisfaction. Presque tous les chevaux à sang chaud ( de sport, trotteur, pur-sang anglais, et les autres) peuvent convenir.
En réalité tous les sujets sains de ces races, suffisamment entraînés , âgés entre 5 et 18 ans environ sont capables de parcourir 80 km à 12 km/h sur terrain plat ! Un grand nombre d'entre eux réussira aussi à du 15, soyez-en sûr. Même certains chevaux de sport de 600 kilos, et aussi beaucoup de poneys…

Mais si vous ambitionnez des participations aux courses internationales, il vous faudra réfléchir davantage pour tenter de faire le bon choix.
Je me suis toujours étonné du cercle important de personnes qui, regardant un 4 ans, prétendent distinguer d'emblée un futur champion d'un toquard. C'est la volonté d'apparaître comme un « gourou des chevaux » une bizarrerie puérile qu'on rencontre assez souvent. En réalité, il est impossible de prévoir l'avenir d'un jeune cheval. Mais il y a des caractéristiques qui prédisposent au succès et d'autres qui l'empêchent quasiment.
Voyons çà !

Le gabarit : les chevaux qui terminent les courses internationales mesurent entre 1m 50 et 1m 62.
Ils pèsent entre 400 et 500 kilos.

La race : l'arabe bien sûr ! Votre futur champion doit posséder au moins 50% de sang arabe. Sans la génétique de cette race, pas de salut !
Cependant, s'il y a beaucoup de pur-sang arabes dans le monde de l'endurance, il y a aussi de très nombreux vainqueurs qui ne sont arabes qu'en partie…souvent en grande partie !

Les origines : il y a des origines qui ont fait leurs preuves. Vous aurez plus de chance de réussite avec celles-là
— une mine de renseignements à ce sujet sur le site français « endurance et pedigree », en Belgique, le haras de Iviers et les étalons de Mme Philippot, les élevages Houassin (Sauvlons) et Rossius (Havenne)—, mais il reste de très nombreuses bonnes origines… à découvrir !

Le modèle : un point important est de rechercher les meilleurs aplombs possible. C'est quoi de bons aplombs ? Il faut regarder les illustrations des livres d'hippologie…et tenter de trouver un cheval qui s'en rapproche au mieux.
Certaines difformités sautent aux yeux. Elles seront visibles pour vous aussi et vous laisserez là ce vilain cheval. Pour le reste, ne cherchez pas à comprendre ce que presque personne ne comprend : canon long ou court, épaules droites ou obliques, encolure bien ou mal greffée, et autres considérations du genre qui en ont perturbé beaucoup avant vous.

Le tempérament : tout le monde préfère un cheval courageux, mais comment savoir ?
Certains chevaux sont ardents et jette leur feu durant les premières heures de travail, puis ils se traînent le reste du temps. Ce sont des tricheurs ou des paniqueurs. D'autres n'ont l'air de rien, mais ils vont plus vite dans la dernière heure de course que lors de la première. En fonction de l'état d'entraînement, les performances peuvent changer du tout au tout. Un seul essai peut ne pas vous renseigner suffisamment. Mais si le cheval (même pas du tout entraîné) lambine, ne répond pas très volontiers à vos jambes, il faut renoncer.


La robe : aucune importance… pourtant, vous ne pourrez probablement pas vous empêcher d'être séduit par la robe que vous préférez.

Le sexe : on dit que les étalons ont tendance à se retenir après 100 km.
Ce qui est sûr, c'est que ces gueulards sont parfois insupportables à manipuler. Je préfère les hongres aux juments, mais il y a beaucoup de très bonnes juments.

L'âge : Lors des courses à partir de 120 km, les chevaux ont de 7 à 16 ans. Il faut 2 ans au moins avec un cheval d'âge pour préparer une première grande course.
Avec un 4 ans, vous ne ferez que des promenades et peu d'allures. Un 5 ans fera ses premières courses de 40 à 60 km. A 6 ans, 80 km. A 7 ans, à condition d'aller lentement, toutes les distances sont possibles.

A tout ce qui précède, il y a des exceptions, avec les chevaux, il y a souvent des exceptions !
Toutefois, un cas singulier ne peut pas inspirer les règles générales

Vous aurez peut-être le bonheur de choisir un bon cheval du premier coup. J'ai remarqué que cela ne se produisait pas souvent. Surtout, ne vous obstinez pas avec un sujet médiocre. N'hésitez pas à tenter une seconde ou une troisième chance. Persévérance rime avec endurance !

Bonne chance !

Michel Lequarré

 


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