|
|
Rando 2006…reportage en léger différé…par un de nos meilleurs reporters
Attention, cette fois-ci c'est la surprise…votre dernière rando racontée par un acteur de terrain, un spécialiste de la rando, qui a parcouru de nombreux kilomètres et s'est même déjà expatrié en France. Vous me connaissez tous, je vous ai tous portés au moins une fois sur mon dos, lors de votre longe d'arrivée au manège! Alors voilà, cette année-ci, ma cavalière de la rando me prête ses doigts, car au clavier de l'ordinateur, avec mes gros sabots, je ne suis pas champion.
Lundi 10 juillet : Warsage – Creppe
Nous sommes donc partis le 10 juillet 2006. Ce matin-là, quelle effervescence dans les stalles (et ailleurs aussi, mais moi, je suis dans les stalles, le premier à gauche…bon, vous m'avez remis à présent?) Nous étions tous bichonnés, brossés, curés…harnachés comme pour une longue expédition…nous qui sommes de vieux routards, on avait compris…la RANDO! On allait devoir marcher (beaucoup) trotter (pas mal), galoper…de notre mieux.
Et en effet, vers 10h du mat, nous sommes partis, nous étions 30 chevaux, montés de 30 cavaliers. Evidemment, Habibate allait devant, notre champion dont nous sommes tous fiers! Il jouait la vedette, avec son micro accroché à son cavalier! Nous avons quitté l'écurie en une seule reprise…moi, j'étais vers la fin, cela me permettait de surveiller un peu les copains, car il y en avait des petits farceurs…comme par exemple la nouvelle jument, juste arrivée la veille, qui n'était pas toujours à la bonne allure…sa pauvre cavalière avait fort à faire. Et Shaguy, qui s'était trompé de cavalier…il avait chargé Nicolas sur son dos…heureusement, Anne est venue reprendre sa place, et du coup, voilà Shaguy promu camerahorse! Il ne savait pas encore qu'il allait en voir de toutes les couleurs!
Ensuite, direction Wegnez, descente sur Ensival, remonter vers Heusy…et là… surprise, un ancien copain d'écurie nous attendait en haut de la côte. Sacré Gato, toujours prêt à faire des blagues. Il avait l'air heureux de nous revoir. Ensuite nous avons continué vers Polleur, traversé les bois de la région de Spa, pour remonter vers Creppe, notre premier arrêt. On se retrouve entre copains habituels de prairie. Livari et Usaro ne se quittent pas. Moi, je reste fidèle à mon vieux Kinjal…et voilà que Mirty nous rejoint…sympa celui-là, allez, on l'accepte, ok pour un trio. Pendant que nous profitions de ce repos bien mérité, nos cavaliers ont monté leurs tentes, dégusté un délicieux repas, puis tout le monde au dodo.
Mardi 11 juillet Creppe – Werbomont
Le matin, après une petite pluie rafraîchissante pendant la nuit, c'est déjà l'heure de repartir. Pansés, harnachés, et en route pour une courte étape vers Werbomont….en passant par Bronromme et Chevron. Nous avons notamment contourné une immense éolienne, dont les cavaliers se souviendront dans leur concours du dernier soir. Comme d'habitude, Roman joue à nouveau avec les confettis. Chaque année, c'est la même chose : son cavalier fait tout ce qu'il peut pour amener les sacs de confettis entiers à l'étape, et Roman passe son temps à les jeter par terre…
A l'arrivée dans ce petit manège, nous sommes installés dans une prairie traversée par une petite rivière. Pas trop fatigués aujourd'hui, on va en profiter avec Kinjal et Mirty pour visiter un peu ce coin de rivière. Tu disais, Kinjal? Trop courte cette étape? Qu'est-ce que cela cache? Nous le saurons bien assez tôt, mais nos cavaliers parlent entre eux d'endurance…c'est pour Habibaté cela, ou Kwinji… mais pas moi quand même…vous me voyez avec mes 17 ans, mes …(censuré)… kilos et mes courtes jambes? Est-ce que j'ai la dégaine pour faire de l'endurance moi? Enfin, on verra demain.
Mercredi 12 juillet : Werbomont – Jenneville
Et le troisième jour…que se passe-t-il…il fait à peine clair…et voilà trois bipèdes qui nous apportent déjà le petit déjeuner…mais je suis toujours au lit, moi…bon, d'accord, c'est agréable, mais quand même, j'aurais préféré la grasse matinée. Et c'est parti pour une looooongue journée. D'abord un fameux trot sur la route, on se voyait avancer, on a avalé ainsi quelques kilomètres. Puis, près de Harré, nous sommes arrivés dans les chemins. Tiens…le groupe de Kwinji…du balai les gars, faut avancer…fini la pause, voici le groupe des vieux cavaliers…ceux que vous appelez les PPH…mais eux, ils avancent (un peu trop vite à mon goût, faut le dire).
Ce jour-là, j'ai marché, marché, trotté, marché, galopé, trotté, marché…et encore et encore…Nous avons traversé ou longé les villages de Grandmenil, Freyneux, Dochamps (on y a déjà dormi, mais là, on ne s'arrête plus, trop bruyant), Buisson, Beaulieu, Cens, Ortheuville, Lavacherie (où Pépé m'a montré l'écurie qui le logeait pendant un concours d'attelage).
Je me souviens surtout d'une petite baignade en rivière (je crois que c'est l'Ourthe), suivie d'une terrible montée…Pendant qu'on pataugeait les pieds dans l'eau, on voyait nos copains du groupe de Kwinji si petits tout là haut, et on se demandait s'il y avait un escalator ou un ascenseur…Non mais, ils ne doutent de rien ces cavaliers! Bon, d'accord, ils ont mis pied à terre et marché à nos côtés, encore heureux…mais il y en a même une qui a osé se laisser traîner, accrochée à ma queue…non mais….faut pas exagérer quand même…et ma dignité, qu'est ce qu'on en fait? Ah c'est comme cela…ben moi aussi je me suis laissé traîner…par ma corde et mon licol…ma pauvre cavalière soufflait comme une locomotive…mais moi aussi…enfin, arrivé au dessus, lors de l'arrêt suivant, j'ai apprécié la douche d'eau fraîche sur mon encolure…finalement, c'était bien vrai, on faisait de l'endurance!
Ce n'était pas fini, on a encore marché, trotté, galopé…mes vieilles et courtes jambes n'en pouvaient plus…j'ai trébuché souvent, trottiné pas mal –faut dire que Pépé, il n'a de Pépé que le nom…il marche vite celui–là!
Lors de la deuxième pause, deux des copains ont jeté le gant…Unitif et Bess ont eu le droit de finir la promenade en van, les veinards, et c'est mon nouveau voisin de stalle qui nous a rejoints. On a dû attendre un peu, car le van ne nous trouvait pas tout de suite. Il a fallu le télé-guider. Il Ela est arrivé, avec Ascot's. Sacré Il Ela…il en a fait des manières pour sortir du van…faudra qu'un jour je lui apprenne à reculer celui-là. C'est pourtant simple, moi je fais cela souvent en stalle, cela permet d'aller chercher un peu de grain dans la brouette, quand le licol n'est pas trop serré…ah, ces petits jeunes qui ne connaissent rien!
Et on est repartis. Il y avait encore une sacrée trotte (c'est le cas de le dire). Ma cavalière ne cessait de parler de "Frippiat"…c'est quoi cela, ça se mange?
J'ai compris quand nous sommes arrivés…les Frippiat, mais oui, ces charmants fermiers qui se mettent en quatre pour nous accueillir chaque année! On a eu droit à un repos bien mérité. Le soir, Michel et Ali sont venus nous voir…histoire de vérifier notre dos. Avec les camarades du syndicat des chevaux du Bois du Roi, on leur a expliqué qu'on était très fatigués, alors ils ont promis de nous laisser dormir une heure de plus le lendemain matin, et de faire cool…
Jeudi 13 juillet : Jenneville - Maissin
Le quatrième jour, nous sommes donc partis un peu plus tard, avec seulement quelques copains. C'était ce que nos cavaliers appellent la journée en petits groupes. Et moi, le courageux Bouilland, j'ai osé prendre tout de suite la tête de mon groupe, normal, c'était moi le plus vieux…on appelle cela le droit d'aînesse, j'ai donc emmené au pas, au trot et au galop Ubijo (surnommé Racailloux), Saïbi, Clown, Marbre Rouge, et Mirty. Mais le plus souvent, j'ai gardé mon pas de sénateur, histoire de récupérer un peu. Je leur ai expliqué, aux autres, que quand ce serait leur tour, il ne faudrait pas trop pousser. Notre petit Clown a été bien courageux…et sa cavalière aussi, qui a beaucoup marché pour épargner son dos blessé.
C'était une super journée, très souvent dans les bois, à l'ombre et au calme. Ce jour-là, peu de villages. Je me souviens d'avoir traversé la voie de chemin de fer à Hatrival-gare (où il n'y a rien d'autre qu'une gare), de Glaireuse et de Villance.
La seule aventure, c'est ma chute au grand galop…j'ai fait un de ces vols planés…mes antérieurs n'arrivaient plus à suivre l'allure de mon encolure et j'ai fini sur les genoux. Heureusement, tout était prévu par les G.O., il y avait même une infirmière et une anesthésiste dans le groupe…on s'est bien occupé de moi, j'ai même eu un bisou sur le bout du nez…gentille cette infirmière!
L'arrivée à Maissin nous a tous réjouis, car nous avons retrouvé la fameuse "grande prairie", celle où on peut s'ébattre à son aise… Par contre, faudrait expliquer un jour aux cavaliers que s'ébattre dans notre abreuvoir…c'est pas correct…je me demande ce qu'ils diraient si nous sautions à pieds joints dans leur tasse de café ou leur verre de vin!
Le soir, le van est revenu, pour amener deux remplaçants pour ce brave Clown, et pour la jument du marchand, qui entretemps avait été baptisée Chiara.
Pendant que les cavaliers montaient leurs tentes et polluaient notre abreuvoir, les cuistots ont préparé leur barbecue annuel. Après le repas, veillée autour du feu de camp, beaucoup de cavaliers ont dégusté un dessert maison à base de bananes cuites au feu de bois avec du chocolat fondu…zut, ils vont encore grossir…mais ils oublient que nous, on doit les porter…
Vendredi 14 juillet : Maissin – Bellevaux
Le cinquième jour, on est repartis vers un autre endroit connu. Direction Bellevaux et la famille Nicolas, en passant par Opont, Naomé et son moulin, et Plainevaux. Une belle journée, de superbes paysages. Nous avons même rencontré un garde forestier super sympa qui nous demandait des conseils pour ses barrières anti-sangliers.
Lorsque nous avons -encore une fois- rejoint le groupe de Kwinji, Pépé nous a offert un verre à la terrasse du village…histoire de patienter agréablement.
Ce jour-là, il y a eu quelques petites aventures pour certains, comme le copain Ascot's, qui n'a pas vu qu'il envoyait sa cavalière dans les branches d'arbres, pauvre Valérie, bien courageuse de finir la journée avec un œil blessé…et Usaro, qui n'a rien trouvé de mieux que de se coucher sur son cavalier à un kilomètre de l'arrivée! D'accord, on peut être fatigué, mais quand même, c'est pas sérieux, un peu de tenue voyons… Le soir, nous avons entendus les cavaliers qui jouaient à se poser des tas de questions sur la vie en rando et au manège…mais nous, on broutait, on broutait…on ne sait même pas qui a gagné le concours.
Samedi 15 juillet : Bellevaux – Bouillon
Le dernier jour a été celui de la Semois. Roman a pu ranger ses confettis, on a voyagé tous ensemble.
La Semois, on l'a traversée dans tous les sens, parfois même plusieurs fois au même endroit…faut dire que maintenant nous sommes des vedettes de cinéma…les prises de vues, cela nous connaît. On s'amusait tellement à galoper dans l'eau que le copain Shaguy a trouvé moyen de se détacher de son arbre pour venir nous rejoindre! Ben oui, il voulait aussi être une vedette…pas seulement un camerahorse qui portait sa camerawoman…
Ce jour-là aussi, on a pris notre temps pour se laver un peu….on savait qu'on rentrait le soir à la maison, fallait être bien propres pour retrouver Marie-Anne, alors on s'est mis tout nus et hop, dans la Semois avec les cavaliers à cru.
La journée s'est terminée par une balade le long de la rivière, avec des paysages à faire rêver.
Vers 17heures nous sommes entrés dans Bouillon. La ville avait mis les petits plats dans les grands pour nous accueillir : on a même eu droit à un concert de djembé pour rythmer notre trot, et à un salut de deux confrères embauchés par la police montée. Enfin, nous avons abordé le terrain de foot au grand galop, histoire de montrer aux amis et parents de nos cavaliers que nous étions en super forme…notre grand show d'arrivée. Là, adieux émus, j'ai dû quitter ma cavalière (elle m'a donné deux carottes pour la route). Je suis monté courageusement le premier dans le camion…j'avais un petit peu peur…Michel a dû me botter un peu les fesses avec une branchette…mais j'ai fini par y arriver.
Et après un voyage de retour sans histoire en camion, (deux petites heures pour refaire ce que nous avions fait à pied en 6 jours!!!), nous avons réintégré notre écurie…nous avons dévoré nos rations pendant que les cavaliers dégustaient les traditionnelles pâtes à la sauce Marie-Anne! Qu'est-ce qu'on est bien chez soi! Un petit discours de Michel et un bon verre pour clôturer la soirée…c'était déjà fini…mais, dis-nous, Michel…quand est-ce qu'on repart?
Merci à vous de m'avoir lu jusqu'au bout Votre fidèle
BOUILLAND
.
|
| [contact : Manège@boisduroi.be ] 24, La Heydt 4608 Warsage Tél : 04/ 376 66 79 | Mise à jour :
22-jan-07
] |